Témoignage de parents de deux internes

Jusque- là hermétiques au principe de l’internat, nous avons déjà confié deux de nos fils à l’Internat Notre-Dame du Puy.

En effet, la formule proposée est bien différente du « dortoir cantine » classique qui veut palier aujourd’hui l’éloignement géographique des collèges et lycées. Ce n’est pas non plus la « boîte à BAC » élitiste qui néglige beaucoup de dimensions des enfants qui lui sont confiés au nom de leur réussite scolaire à tout prix. Ce n’est pas, enfin, « l’internat ghetto » qui coupe entièrement du monde et qui a déjà fourni son lot d’anticléricaux endurcis.

Il s’agit ici, tout en gardant les garçons dans le monde (ils fréquentent des établissements mixtes de leur choix) de leur proposer un accueil à la fois familial (les effectifs restent à petite échelle), propice à l’étude (organisation du temps de détente et de travail adapté à chaque âge, aide aux devoirs), à l’altruisme (le ménage, la vaisselle et les services divers de la vie en commun ne sont pas assumés par des tierces personnes corvéables à merci) ; non mixte cette fois, donc apaisant pour cet âge qui a encore besoin de se découvrir pour se connaître et pouvoir ensuite vivre avec les autres plus sereinement ; et enfin spirituel sans lourdeur (le prêtre présent n’est pas tout à la fois confesseur, « répétiteur » et directeur mais il vit simplement le quotidien avec les garçons sachant se montrer attentif et disponible s’ils le désirent).

Maximilien entrait en deuxième année de CAP cuisine à la création de l’internat. Il avait choisi une profession où « l’on travaille quand les autres s’amusent le week-end ». Donc, à 15 ans, plus de contact avec des groupes de jeunes. Les semaines passées à l’internat étaient pour lui une bouffée d’air pur. Il en témoigne d’ailleurs lui-même. Ces rares mais précieuses semaines l’ont sauvé d’une adolescence privée de tout contact avec des jeunes qui vivent une vie fraternelle où le Christ est présent au milieu. Aujourd’hui, alors qu’il a quitté l’internat pour poursuivre son cursus à Chamalières, il choisit de lui-même de retourner régulièrement vers celui qui lui a permis de ne pas perdre le contact avec Dieu à travers une vie simple mais bien dirigée. Il a de surcroit acquis une discipline de l’ordre et de l’hygiène.

Pour Timothée la situation était différente. Il était plus jeune et nous avons mis plus de temps à comprendre qu’il avait besoin de ce relais. C’est la raison pour laquelle il n’est entré à l’internat qu’à la Toussaint. Nous entretenions une relation conflictuelle permanente qui prenait toute son ampleur au moment crucial des devoirs. Résultat des courses : en plus d’une ambiance familiale et d’une relation personnelle « sapée », les résultats scolaires se dégradaient. Bref personne n’était heureux. Aujourd’hui, même s’il reste du chemin à parcourir, Timothée arrive à travailler et progresser dans plusieurs matières, sa relation avec nous a complètement changé. Il a choisi librement de continuer à l’internat qui est pour lui une deuxième maison, exigeante certes, mais où il sait pouvoir trouver un climat de travail, une attention et une écoute paisible dont il est très gourmand.

En conclusion nous remercions Dieu d’avoir mis sur notre route les initiateurs d’un si beau et bon projet et d’avoir pu en faire bénéficier deux de nos enfants !