Jeudi 18 octobre, après l’étude, avait lieu la désormais traditionnelle « soirée OXYMORE » qui clôture chaque période. 

Après un discours d’introduction de don Jean, les internes se sont disputés trois prix : le prix Gerbert d’Aurillac de calcul mental, le prix Blaise Pascal de culture générale et le prix Cyrano de Bergerac de déclamation. 

En plus de ces trois trophées, un collégien et un lycéen ont reçu le « prix d’excellence » remis à la plus haute moyenne générale de la période.

Enfin, c’est autour d’une raclette que cette belle soirée a été conclue.

Un petit aperçu des épreuves

Calcul mental

Un tour de cour fait environ 140 m. Combien faut-il que don Régis me donne de tours pour que je dépasse 1 km ?

Don Jean m’a permis d’utiliser mon ordinateur 20 minutes pour faire un exercice de Chimie et deux exercices d’anglais. Je sais que j’ai besoin de deux fois plus de temps pour faire un exercice de chimie qu’un exercice d’anglais. Comment vais-je répartir mon temps ?

Culture générale

Quel est le nom du pays du Pacifique dont les deux îles principales sont séparées par le détroit de Cook ?

Sous quel autre nom est connue l’île de Formose ?

Dans quelle rue de New York se trouve la bourse?

Déclamation

Dix-sept ans, c’est l’âge héroïque !

Un homme réalise dans sa vie ses rêves de dix-sept ans. Et dans certaines circonstances, ce sont les jeunes qui réalisent les plus grandes choses. Dix-sept ans, c’est l’âge héroïque. C’est l’âge de la vocation ; c’est-à-dire de l’appel de Dieu et de la réponse de l’homme. C’est l’âge où l’homme mesure le monde, prend lui-même sa mesure d’homme, par les options les plus considérables de toute sa vie. À dix-sept ans, le jeune Clovis rêve d’un grand royaume et à dix-neuf, bousculant le roi des Romains, fondera l’unité française. À dix-sept ans, Montalembert pleure d’envie en voyant William Pitt Premier ministre à vingt-quatre ans, mais lui, à dix-neuf ans, reconquerra les premières libertés de l’Église de France, réapprendra à son siècle l’audace et l’honneur, tandis qu’à dix-neuf ans, Ozanam lui réapprenait la charité !

Résistons à cet esprit de vieillard qui pèse sur notre temps et sur notre pays, consistant à ne prêter intelligence qu’aux plus de cinquante ans. C’est trente de trop ! Nous devons transformer les mœurs des jeunes, remplacer un christianisme mondain, c’est-à-dire incomplet, par un christianisme loyal, une religion de jeunes, qui vont jusqu’au bout.

S’il y a mille jeunes fils de France capables de comprendre ce langage, capables de faire à dix-sept ans le serment de ne pas vieillir avant d’avoir reconquis la France sur les barbares pour la rendre au Christ, alors nous sommes sauvés.

Je fais appel à ceux-là.

Notre doctrine : Splendeur de la vie humaine par un christianisme intégral.

Notre symbole : La terre, l’univers, marqués de la Croix du Christ.  

Père Paul Doncoeur, S. J. (1880-1961)

Discours du préfet des études

Messieurs,

Nous voici lancés dans une nouvelle année depuis sept semaines déjà, et nous reprenons ce qui est désormais pour vous une tradition : les soirées oxymores, qui viennent clôturer notre période. Elles participent, période après période, à faire grandir en vous la joie de l’étude. Mais à voir parfois vos tristes mines en étude et les efforts que ces exercices vous demandent, nous pouvons nous poser cette question… d’où vient-elle, cette joie de l’étude ?

Commençons par une petite histoire, écrite par Charles Péguy, un écrivain du début du XXe siècle converti au catholicisme et pèlerin vers Notre-Dame de Chartres…

Alors qu’il marchait sur ce chemin, il rencontra un homme qui cassait des cailloux. Il semblait triste et son travail semblait lui peser. Sa mine était sombre… Le marcheur s’arrête, et lui demande ce qu’il fait. « Vous voyez bien, lui répondit l’homme avec une certaine rage… Je casse des cailloux… je n’ai trouvé que ce travail pénible et répétitif qui me donne mal au dos et soif… »

Le voyageur, alors qu’il poursuivait son chemin rencontra à nouveau un casseur de cailloux… Contrairement au précédent, son visage était serein, et ses gestes plus harmonieux. À nouveau, il lui demande ce qu’il fait. « Je suis casseur de pierre. C’est un travail difficile, mais qui me permet de nourrir ma famille… » Puis il sourit et dit… « Allons bon, je suis au grand air… et il y a sans doute des situations pires que la mienne ».

Le marcheur en poursuivant son pèlerinage rencontra pour la troisième fois un casseur de cailloux. Celui-là avait, sur les lèvres, un grand sourire, et travaillait avec enthousiasme. Il reposa une troisième fois sa question : « Que faites-vous ? » Le casseur de cailloux répondit avec une très grande joie : « Moi ? je bâtis une cathédrale ? ».

Et vous, messieurs ? Etude après étude… que faites-vous ? Quel sens donnez-vous à ces leçons que vous apprenez les unes après les autres ? à ces exercices que vous accomplissez chaque jour ? Que faites-vous de tout cela ?

Pourquoi les artisans des cathédrales ont-ils mis autant d’art dans leur ouvrage ? pourquoi a-t-on voulu que ces bâtisses soient les plus belles et les plus immenses ? Parce qu’elle devait accueillir ce qui était le plus beau et le plus immense pour ces gens : Dieu lui-même.

Chaque jour dans vos études, vous construisez vous aussi une cathédrale. Une cathédrale dans votre esprit qui doit aussi accueillir ce que votre esprit conçoit de plus immense et de plus beau : la vérité ! La vérité qui est un des noms de Dieu !

Vos cathédrales sont toutes différentes, parce que vos intelligences sont différentes. Certaines sont hautes et élancées, d’autres massives et trapues, certaines sont remplies d’œuvres, et de talents, d’autres sobres et entièrement orientées vers le centre… Mais toutes… elles sont en train de se construire. Vos cathédrales, vos intelligences… ne sont pas encore finies de construire, elles ne peuvent accueillir qu’en partie la vérité… Et cette construction vous appartient. C’est elle qui va vous donner le goût de l’étude.

Alors vous avez deux choix qui s’offrent à vous aujourd’hui… Aligner les exercices et les leçons tristement… sans aucun but… sans objectif… et ne rien préparer dans votre esprit qui pourra vous permettre d’accueillir la vérité… Vous serez des travailleurs tristes, et de tristes travailleurs… ou vous pouvez faire comme ce bâtisseur de cathédrale… Vous pouvez exercices après exercices… leçons après leçons… construire votre propre cathédrale… construire une intelligence qui pourra mieux recevoir, jour après jour, année après année ce pourquoi votre intelligence est faite : la vérité… Alors vous serez des travailleurs heureux… Alors vous aurez découvert ce qu’est la joie de l’étude.

Sixième édition de la soirée OXYMORE

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