Pour la fin de la 3ème période de cours, la désormais traditionnelle soirée oxymore a tenu toutes ses promesses et révélé de beaux talents.

Calcul mental

Un père a 28 ans, son fils a trois ans. Dans combien de temps l’âge du père sera-t-il le double de celui du fils ?

Culture générale

Où se jette la Moselle ?

Déclamation

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Discours du préfet des études

« Soyez francs ! »

Pour ouvrir cette troisième soirée oxymore, je vous propose de regarder de plus près la grandiose figure de Cyrano de Bergerac. Avec sa fougue, son style, son talent, son audace, son goût du défi, mais aussi sa sensibilité et sa délicatesse, ce personnage littéraire est riche d’enseignements. Nombreuses sont les répliques que vous pourriez connaître par cœur ; elles serviraient à verbaliser les nobles, grands et tendres sentiments qui, je n’en doute pas, traversent parfois votre cœur.

Ce soir, je désire vous servir une de ces répliques. Une seule réplique ! Mais quelle réplique ! Dans la célèbre tirade du nez (que je ne désespère pas d’entendre un jour ici déclamée), Cyrano achève sa diatribe par quelques vers provoquants envers son provocateur, le vicomte de Valvert, qui sont déjà des bijoux de la répartie élégante :

Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit

Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit :

Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,

Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres

Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !

Avouez que cela a plus de classe que les vulgaires insultes que vous avez le mauvais goût de vous servir quelquefois… Le vicomte d’ailleurs, ne sait que rétorquer si ce n’est lui reprocher de n’avoir ni gants, ni rubans. La réponse de Cyrano est magistrale :

Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances.

Comprenez : ma noblesse ne vient pas de mes vêtements, mais de ma conduite. L’élégance, messieurs, n’est pas dans ce que j’ai (iphone, chaussures, blouson) mais dans ce que je suis. Ne cherchez pas à avoir, cherchez à être.

Et Cyrano poursuit :

Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise,

Empanaché d’indépendance et de franchise.

La fierté de Cyrano réside dans son indépendance et sa franchise. L’indépendance ? Vous n’avez pas trop de mal à y aspirer, quoique parfois les moyens pour l’obtenir parussent étranges ! Mais la franchise ? Pouvez-vous dire, messieurs, que vous êtes empanachés de franchise ?

Cette vertu, qui suppose un grand amour de la vérité, est bien souvent malmenée. Elle semble même en voie de disparition. Alors, on essaie de la remplacer par des mots, par des tics de langage. Tenez, par exemple, combien de vos phrases sont ponctuées par des « en vrai, en vrai ». Comme s’il fallait préciser à chaque fois que notre parole était vraie et franche. Comme si cela n’était pas une chose évidente et acquise.

Les tentations de tricheries sont très présentes dans vos études. Tricher peut parois vous sembler à portée de main. Ne cédez à cette solution de facilité. Il est plus facile d’être lâche que d’être franc, plus facile d’être couard que courageux, plus facile d’être femmelette que d’être homme. Mais qu’il est beau d’être franc, qu’il est beau d’avoir une parole sur les autres peuvent compter, qu’il est beau d’être digne de confiance, qu’il est beau d’avoir la franchise pour panache. Soyez francs, messieurs, et ruminez souvent ces vers de Cyrano :

Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise,

Empanaché d’indépendance et de franchise.

 

Oxymore 3

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