Les aînés à la Chartreuse…

Un mystérieux silence étreignait la vallée. La nuit avait déjà envahi la montagne depuis bien longtemps. Au bout d’une route étroite et resserrée – celle qui mène à la vie – deux voitures atteignaient enfin, après trois heures de route, ce lieu mystérieux et formidable : la Chartreuse de Currière. Les aînés de l’internat découvrirent, ahuris, ces versants grandioses travaillés par la prière séculaire des pères chartreux. Dans l’obscurité, on devinait de grandes masses sombres toisant les bâtiments ; c’étaient les falaises qui ceignaient ce lieu saint et lui garantissaient sa paix profonde. Ces barrières naturelles n’étaient pas que défensives ; on eût dit qu’elles formaient une caisse de résonance afin que la prière des moines se diffusât à toute la vallée et gagnât ainsi le monde entier. Depuis quelques dizaines d’années, les frères de Bethléem avaient pris le relais des fils de Saint Bruno. C’est dans leur monastère que les internes passeraient ces deux jours.

Le soleil offrait déjà sa généreuse lumière. Doucement, les internes émergeaient de leur nuit réparatrice. Après le petit-déjeuner, sac sur le dos, ils partirent. Le chemin dévoilait à chaque virage des vues splendides.
Ah, qu’il faisait bon être là ! Marche, chants, blagues : promenade féérique.
Soudain, Julien dit :
« - Oh, des champignons ! Ramassons-les pour agrémenter notre dîner ».- Êtes-vous bien sûr qu’ils soient comestibles ? rétorqua don Régis.
L’entourage était méfiant. Julien observa, étudia, scruta, vérifia, puis, en homme qui connaît son affaire, reprit avec assurance :
- Aucun doute possible, ils sont comestibles !
La promenade prit alors des allures de cueillette de champignons… De quoi régaler les papilles au copieux dîner du soir.
Week-end des aînés en Chartreuse

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